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Amihai Grosz - Schubert, Shostakovich & Pártos - Diapason

Membre fondateur et-exaltiste du Quatuor de Jérusalem, Amihai Grosz poursuit une belle carrière soliste tout en occupant le poste d’alto solo des Berliner Philharmoniker. Il joue un magnifique alto de Gasparo da Salo de 1570, dont l’extrême richesse de timbres (médium et aigu proches du hautbois, grave évoquant le cor de basset) transparaît dès l’interprétation enlevée de la Sonate en la mineur dévolue en 1824 à un instrument à l’existence éphémère, entre violoncelle et guitare, l’arpeggione. Parfaitement soutenu par le jeu sûr etanalytique de Sunwook Kim, Amihai Grosz se garde d’en rajouter sur l’aspect « conversation en musique ». Tout en adoptant un ton sérieux, il sait préserver le caractère d’improvisation, non par le phrasé mais parle serré du rythme. Dans l’ultime Sonate pour alto et piano op. 147(1975) de Chostakovitch, nos interprètes en font un peu trop dans la noirceur univoque. La mélancolie et l’abstraction qui singularisent le Moderato initial sont bien là, et l’Allegretto exhale ce curieux parfum de danse populaire à la fois distanciée et ressassée qui le rend si énigmatique. Mais l’altiste renchérit sur la puissance étreignante du geste et le désespoir, quand d’autres amènent un éclairage plus subtilement creusé et nuancé, sans négliger l’hypertension du phrasé. Le vaste finale, élégiaque et douloureux, avec son cortège de citations, est mieux venu, même si sa ligne directrice, par-delà d’innom-brables ellipses et ruptures, pourrait être davantage cohérente. 

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Diapason
01 December 2020